Création
Exposition

Imprimer le monde

mer 15 mars au lun 19 juin,
11h00- 20h00
Centre Pompidou
Galerie 4

Entrée avec le billet de l'exposition

Technologie numérique, l’impression 3D est synonyme d’un changement de paradigme pour la création et l’innovation. Une nouvelle « matérialité digitale » a engendré une typologie d’objets qui n’existaient pas auparavant dont l’impression 3D est le commun dénominateur. De l’échelle du micro (imprimer des cellules vivantes) à celle de la macro (imprimer des architectures échelle 1:1), du visible à l’infra-visible, la fabrication additive soulève de multiples questions qui concernent autant notre quotidien que le monde de l’industrie et de la recherche.

Cette exposition réunira une jeune génération d’artistes, designers et architectes qui se sont emparés de l’impression 3D comme outil d’expérimentation. Quel est aujourd’hui le statut de l’auteur à l’époque de l’automatisation de l’acte créatif lui-même ? Quelle est encore la place du disegno, de la conception, de la singularité artistique, face à la conception et fabrication par ordinateur et machines numériques ? Quel est le statut de cet objet « imprimé » en 3D, à la fois objet du quotidien, objet technologique, oeuvre d’art, objet de design, prototype d’architecture ? D’où vient-il ? Quand est-il apparu et comment expliquer sa généralisation à l’ère du numérique à tous les domaines de production ?

L’exposition présentera des objets de design, des prototypes d’architecture, en même temps que les logiciels de programmation avec lesquels ils ont été conçus et les machines qui les ont fabriqués. L’exposition retracera une archéologie de l’impression 3D depuis la photosculpture au milieu du XIXe siècle. Elle documentera l’histoire indissociable des hackers et makers qui ont impulsé une économie collaborative.

Les installations, produites par l’Ircam pour l’exposition, réalisent la simulation en 3D de l’espace sonore. Dans Disenchanted Island, la compositrice Olga Neuwirth et le vidéaste Tal Rosner entraînent virtuellement le visiteur-spectateur dans l’église San Lorenzo, à Venise, lieu de la création de Prometeo de Luigi Nono dans une scénographie de Renzo Piano. Par le procédé de convolution 3D, l’empreinte sonore de l’église vénitienne est transférée dans l’espace du musée. Pour Jardin d’Éden, les artistes Raphaël Thibault et Hyun-Hwa Cho ont imaginé une installation immersive, sous la forme d’une double projection vidéo, de sculptures réalisées en impression 3D et d’un panorama sonore et musical. La spatialisation des sons est ici composée selon les images.

Commissaires : Marie-Ange Brayer / Olivier Zeitoun, Mnam/Cci-Centre Pompidou.


Disenchanted Island

Installation visuelle et sonore (Ambisonics) création
Conception, idée et musique Olga Neuwirth
Vidéo Tal Rosner
Louise Akili, Athos Castellan, Livia Rado, Benny Sluchin, Maarten Stragier
musiciens (enregistrement)
Léo Warynski
chef d’orchestre (enregistrement)
Réalisation informatique musicale Ircam Gilbert Nouno
Conseiller scientifique Ircam-STMS, équipe Espaces acoustiques et cognitifs Markus Noisternig
Ingénierie sonore Ircam Clément Cornuau

Dans Le Encantadas o le avventure nel mare delle meraviglie (2015), Olga Neuwirth invitait à la traversée d’une Venise imaginaire, peuplée d’histoires personnelles et mythologiques. Disenchanted Island approfondit cette expérience par l’évocation de paysages sonores réels (« field recordings ») et irréels de la lagune et la reproduction de l’empreinte acoustique de l’église San Lorenzo, désormais abandonnée et fermée. La simulation acoustique, utilisée par Olga Neuwirth et Tal Rosner comme un moyen de conservation du patrimoine acoustique, invite le spectateur à un voyage où se condensent de saisissants effets de réel, des déplacements subis, ainsi qu’une mise en perspectives des mémoires multiples, simultanées, qui hantent les lieux.

Les assemblages digitaux de Tal Rosner – tantôt simples, tantôt complexes – illustrent le paysage sonore en y ajoutant une perspective complémentaire. Utilisant des fragments photographiques et imaginaires de l’architecture de San Lorenzo et de ses environs comme base de travail, il traite les formes afin de créer de nouveaux points de vue, enracinés dans les principes de la conception paramétrique.

Coproduction Ircam/Centre Pompidou.


Jardin d'Éden

Jardin d'Éden © Raphaël Thibault

Installation visuelle et sonore (WFS et Ambisonics), sculpture imprimée en 3D création
Musique*Hyun-Hwa Cho
Vidéo Raphaël Thibault
Réalisation informatique musicale Ircam Serge Lemouton
Ingénierie sonore Ircam Luca Bagnoli

Jardin d’Éden met en scène une double projection vidéo, une sculpture en impression 3D et un panorama musical, entre sons de la nature et artifice électronique. Le titre renvoie au lieu biblique et à sa connotation de nature originelle. Les quatre éléments : l’eau, l’air, la terre et le feu se trouvent au centre du travail musical comme du travail visuel. Emportant le visiteur dans des environnements hyperréalistes, la vidéo est composée d’images concrètes fabriquées en infographie 3D. La partie sonore, elle, associe synthèse de chants d’oiseaux et de sons environnementaux, augmentés de multiples traitements électroniques qui transportent l’auditeur vers un lieu peuplé de créatures sonores imaginaires.

* Aide à l’écriture d’une oeuvre musicale nouvelle originale du ministère de la Culture et de la Communication.
Coproduction Ircam/Centre Pompidou. Avec la participation du DICRéAM