Research
Seminar

MaMuPhi Seminar

March 24,
10 a.m.- 6 p.m.
Ircam
salle Stravinsky

Free entrance
Limited sits available 

How can we position our artistic endeavors, particularly in the case of musical art today?

To simplify, in essence: it is necessary to take notice that we have definitively exited an interlude that began just after ’68 with a post-modernism whose playful shimmering accompanied deconstructions, disorientations, and desubjectivtions, and ended with the 90s and its contemporary art of performance, of diversity, and digital malleability.


Programme

10h-13h :

Alain Franco et Jean-Luc Plouvier exposeront l’expérience accumulée, depuis bientôt vingt ans, respectivement dans Parts et dans Ictus et thématiseront leurs propres orientations musicales.

15h-18h :

Éric Brunier, Rudolf di Stefano et François Nicolas exposeront un projet commun Hétérophonies/68 de raisonances renouvelées entre modernités picturales, cinématographiques et musicales.


Eric Brunier
: Manet & Cézanne, deux modernités peu conciliables

On soutiendra la thèse suivante : l'art dit contemporain se développe en se référant à la modernité de Manet alors que l'art moderne de Braque et Picasso, en un mot du cubisme, s'est construit par l'extension de l'œuvre de Cézanne. On développera la bifurcation que cela entraine, notamment dans les tâches que la peinture peut se donner aujourd'hui.


Rudolf di Stefano
: Deleuze et la modernité cinématographique

Deleuze a écrit l’Image-mouvement et l’Image-temps, et a fait là œuvre de philosophie. Il n’empêche que ces deux livres ont le mérite de clairement délimiter la notion de modernité en cinéma, en faisant valoir la coupure radicale qu’elle a accompli avec le cinéma classique qui la précédait.
L’exposé lui, ne sera pas fait en philosophe, mais en cinéaste engagé dans un faire contemporain. Il sera question d’identifier ce qui dans les propositions théoriques de Deleuze opère réellement dans les films modernes, mais surtout d’y repérer les impasses, tout particulièrement dans son concept de « Peuple qui manque » abondamment repris aujourd’hui par un certain contemporanéisme théorique et cinématographique. Cela pour ouvrir une voie nouvelle, celle d’une production cinématographique capable de renouveler les enjeux modernes, mais aussi pour faire le pari qu’il est possible de passer d’un peuple qui manque à un peuple.


François Nicolas
: Boulez et la modernité picturale de Klee

Que penser aujourd’hui de la manière dont Boulez, méditant l’œuvre de Paul Klee, réfléchit ces raisonances entre modernités contemporaines qu’il appelle « profil commun à une époque donnée et moyens employés dans différents domaines coïncidant à un niveau profond » ? Que penser en particulier de la manière dont Boulez profile ici une modernité musicale orientée, par une « haine du romantisme », vers « une certaine objectivité de l’expression que l’on aurait voulue sans faille » et qui côtoie alors un « esprit néo-classique » rejetant toute expression musicale ? Pour ce faire, on se concentrera sur un cours donné par Klee (Bauhaus, 13 février 1922) et sur le tableau Éclair physionomique qui donne forme picturale à son bilan.

L’interprétation qu’en avance Boulez met en jeu deux déterminations : pour Boulez, l’objectivité visée d’une expression sans faille s’appelle perception, et la composition d’une telle potentialité repose sur la « transgression » d’une discipline géométrisable. Dans ce cas, l’expressivité musicale – celle-là même sur laquelle le Boulez de Darmstadt a buté pour y revenir, vingt ans plus tard, sous l’angle d’un thématisme de type nouveau – n’apparaît-elle pas comme le vaste impensé de la modernité sérielle ?

Pour enquêter, à l’ombre de cette question, sur ce qu’expressivité veut dire, on survolera deux siècles (d’avant 1789 jusqu’à 1968) d’une histoire musicale qu’on périodisera en quatre étapes (classicisme / romantisme / modernité atonale et néoclassicisme / modernité sérielle) pour mieux distinguer cinq modes (classique, romantique, moderne soustractif, moderne néoclassique, moderne constructiviste) selon la manière dont la composition musicale assume sa part expressive. C’est en ce point où la composition musicale, entendue comme dialectique construction/expression, s’éclaire de la part d’interprétation que toute formalisation profile en intériorité que la possibilité d’un sixième mode musical d’expression (et donc de composition) s’indique, suggérant qu’il pourrait ainsi y avoir trois étapes dans la modernité musicale et quatre modes (modernes) susceptibles d’y coexister.