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Soutenance de thèse

Soutenance de thèse de Julia Blondeau

mer 13 décembre,
14h00
Ircam
salle Stravinsky

Julia Blondeau soutiendra sa thèse de doctorat de musique : recherche en composition - thèse réalisée à l’Ircam avec Sorbonne Université dans l'équipe Représentations Musicales STMS - (CNRS/IRCAM/UPMC), intitulée :
"Espaces compositionnels et temps multiples : de la relation forme/matériau"


Résumé

La technologie offre aujourd’hui aux compositeurs des outils et des langages permettant d’envisager de nouvelles approches et pratiques musicales, tant du point de vue de la conception du matériau que de celui de son articulation à la forme. Pour la musique mixte, l’avènement du « temps réel » entraîne avec lui de nouvelles possibilités d’écriture du temps et un rapport particulier aux processus qui le constituent. 
Si les questions du temps, du matériau, de la forme et de leurs relations sont des questions centrales — et depuis bien longtemps — pour les compositeurs, il importe de se demander si la vieille dichotomie entre forme et matériau n’est pas à repenser en regard des nouveaux dispositifs susceptibles d’amener une appréhension à la fois plus fine et plus globale des diverses dimensions temporelles. Dans un tel contexte, et dans le cas plus précis de la musique mixte, il s’agissait de se demander dans quelle mesure l’existence d’un continuum entre les notions de forme et de matériau était liée à la composition consciente d’entrelacs temporels. Il nous paraissait que les notions de qualité de temps et de forme ne pouvaient s’appréhender dans leur complexité qu’avec le concours de plusieurs échelles de temps comportant un certain nombre de réseaux de dépendances. La notion de pensée relationnelle tient donc une place fondamentale dans ce travail de thèse. 

Notre travail s’articule autour de deux axes complémentaires. Le premier traite de la nécessité d’organiser des espaces compositionnels ne se limitant pas à la production plus ou moins volumineuse d’un matériau mais pouvant intégrer, dans leur structure interne, des éléments d’échelles supérieures permettant, sinon de faire disparaître, au moins de rendre plus poreuse la frontière érigée entre les notions de forme et de matériau. Nous étudions à cet effet une représentation spatiale du matériau basée sur des structures topologiques à partir d’un postulat relativement simple : si deux choses interagissent, alors on peut considérer qu’elles sont voisines dans un certain espace.  

Le second nous amène à voir comment les derniers développements technologiques liés au langage synchrone Antescofo peuvent nous permettre de concevoir une musique mixte singularisée par les divers types d’écriture qu’ils sous-entendent. La composition de temps multiples, sur diverses échelles, liés par l’écriture et par des processus temporels propres aux paradigmes du temps réel, ainsi que par la prise en considération des temps liés à la performance, sera abordée sous un angle résolument relationnel.
Les propositions théoriques et pratiques de ce travail de recherche sont illustrées par les pièces composées durant cette thèse.

La présentation sera suivie par l’interprétation de la pièce Sortir du noir, par Séverine Ballon.

Jury

M. Gérard BERRY, Rapporteur (Collège de France)
M. Alain POIRIER, Rapporteur (CNSMD de Lyon)
M. Marco STROPPA, Rapporteur (HMDK Stuttgart)
Mme. Brigitte d’ANDREA-NOVEL, Examinatrice (École des Mines)
M. Arshia CONT, Examinateur (Antescofo)
M. Philippe MANOURY, Examinateur (Collège de France)
M. Jean-Louis GIAVITTO, Directeur de thèse (CNRS - Ircam)
M. Dominique PRADELLE, Encadrant de thèse (Université Paris-Sorbonne)

Avec la participation de Séverine Ballon, violoncelle.