Georges Aperghis

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Georges Aperghis (né en 1945) travaille depuis plus de trente ans à l’invention d’un théâtre musical qu’il définit ainsi : « l’envahissement du temple théâtral par le pouvoir abstrait de l’organisation musicale. » Pas de livret mis en musique, mais un encodage polyphonique d’actions, d’images, de musiques, de gerbes de paroles et de chants, poussées à un haut niveau de profusion. Ouverture de multiples tiroirs, choc de multiples fragments, très têtus, très insistants, qui sculptent un espace mental à petits coups de ciseau.

Il y a comme un primitivisme chez lui, une forte impression de première fois : une langue qui s’invente, se réinvente, bredouille et se développe par essais et ratages, dans une expressivité tour à tour trop molle ou survoltée. C’est souvent drôle et féroce.

« Aperghis a certainement acquis la liberté de se placer sur le fil de l’acrobate, de risquer la chute. Mais à la différence de certains autres, il sait que quand l’acrobate tombe, il ne tombe pas dans le vide, il tombe sur d’autres fils, auquel cas il peut sauter, d’autant plus ! Le danger, on peut le négocier, on peut jouer avec, le mettre en horizon, en faire un point de ligne de fuite. Chez lui, il est toujours là, il réémerge sans cesse, à toute occasion, à chaque fois que sont introduits des éléments d’irruption, non pas pour créer des points de rupture avec la chaîne de complexité formelle, mais pour amener d’autres matières d’expression. »

Extrait de L’hétérogénèse, une conversation entre Félix Guattari et Georges Aperghis retranscrite par Antoine Gindt (1991).

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