La Princesse légère

Une question de légèreté !

La Princesse légère est exactement cela : légère, dans tous les sens du terme. Victime d’un mauvais sort jeté par une vilaine sorcière, elle n’est sujette à aucune gravité : non seulement elle ne pèse rien et flotte dans les airs si on ne veille à l’attacher, mais elle vit tout avec une inflexible frivolité. Dans ce conte de fées très particulier, George MacDonald, qui fut le mentor et l’ami de Lewis Carroll, joue comme lui avec le réel pour mieux en traiter des questions essentielles : détachement et liberté, peur de la chute et relation au sérieux. Profitant de la légèreté bouffonne propre à l’enfance, il se livre à une critique tendre et acide de la société, se moquant en passant allègrement de tous les « sachants » si imbus de leurs savoirs…

C’est toute cette réflexion dissimulée derrière le ludique qui a séduit le duo atypique et détonant constitué par la compositrice colombienne Violeta Cruz et l’homme de théâtre belge Jos Houben, en même temps que le potentiel scénique suggéré par la dramaturgie verticale du conte. Le rire l’est-il vraiment, lorsqu’on ne sait pleurer ?

Les enjeux technologiques

Écritures théâtrale, scénogaphique et musicale sont ici étroitement liées, notamment grâce aux fameux « objets sonores » dont raffole Violeta Cruz. L’histoire elle-même a orienté les créateurs vers des décors inspirés des squares pour enfants, remplis de tourniquet, balançoire, toboggan – tous ces agrès avec lesquels l’enfant fait l’expérience de sa propre gravité, s’amuse à glisser, à tomber, à suspendre le poids et le temps… Lesquels agrès, repensés spécifiquement pour l’occasion et munis de capteurs (capteurs Ircam de dernière génération, RIOT) qui traduisent leurs mouvements en données numériques, sont intégrés au discours musical grâce à leur exploitation par l’électronique (processus d’interaction musique et mouvement, synthèse sonore, segmentation de syllabes, etc.). Tout cela pour leur donner un intérêt musical authentique, et non purement chorégraphique. La grande taille de ces objets sonores fait de leur manipulation par les chanteurs un geste instrumental élargi, donnant lieu à des situations musicales et théâtrales inimaginées, voire totalement inattendues, comme les créateurs ont pu s’en apercevoir au cours des ateliers menés au printemps 2016… Les matériaux musicaux sont transformés par la dynamique de jeu de chaque objet, laquelle s’enrichit des improvisations des interprètes.


Biographies

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Violeta Cruz

Compositrice (née en 1986)
La Colombienne Violeta Cruz commence ses études musicales à l’université Javeriana (Colombie), pour intégrer ensuite le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de P…

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Jos Houben

Metteur en scène
Jos Houben fait ses études à l’Ecole de théâtre et de mime Jacques Lecoq (Paris) avec Philippe Gaulier, Monika Pagneux et Pierre Byland. Membre fondateur de Complicité, il joue et collabore notamment à la création de A Minute Too Late, qu…